MEMOIRE CRISTALLISEE

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Le Temps, l'Espace

La philosophie nous apprend que le temps et l'espace sont intriqués de manière indéfectibles.

Le temps permet de mesurer l'espace et vice-versa.

Ils sont les formes a priori de notre sensibilité et nous donnent accès au monde, que notre esprit construit tel qu'il nous apparait.

Mémoire, Pierres

La mémoire est perçue comme l'empreinte du temps dans nos esprit, sa forme interne. Elle est plutôt la construction du temps par un esprit capable d'agglomérer, instant après instant. Les pierres, résidus solides forgés par agglomérats successifs, sont la mémoire externe de la Terre. Elles témoignent de la présence d'un temps, dont nous ne saurions être les vivants témoins.

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Mémoire

Au moment où tout tremble, seules nous restent les mémoires. La pierre est ce qui soutient l’édifice. Conglomérat de matière dense, elle est aussi traditionnellement l’angle d’où tout peut surgir. Brusquement seule, sentant ma terre se dérober, sensuellement, vertige, je me suis procuré deux petites pierres.

Pierres

Ces pierres m’apparaissaient merveilleuses, magiques, car arborant leurs couleurs uniquement sous certains angles de lumière. Un peu comme un réel que la conscience éclaire de ses solutions confuses et discontinues. Mais dont la répétition approximative nous assure stabilité et forge le lit de nos fragilités.

Nuit

Ces pierres m’ont tenu compagnie dans la nuit noire de l’âme. Elles ont été mes compagnes, mes supports, mes inspirations en ces morts de l’esprit. La pierre, la nacre, le bois cristallisé, ancestraux, survivent aux cycles du temps et se font les témoins des mémoires inatteignables de l’homme. Les pierres soutiennent nos pas, le temps de notre passage. 

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Solidité friable

Pour les rendre plus belles encore, j’ai écrit un conte, un conte venant du coeur, pour un enfant, chéri. Les pertes laissent des traces indélébiles dans nos esprits débiles et meubles. Mais les pierres nous prêtent leur solidité, friable, pour ne plus bouger. Et attendre. Le temps ne fait jamais son oeuvre, sauf à le déserter.

Vitesse de roche

Mais le temps est notre repère et les pierres, lentes, progressives, nous rappelle que notre vitesse d’homme n’est pas la mesure juste pour cristalliser le chemin. Nos mémoires nous construisent mais le monde se construit de la matière dure, qui hante le sol. En le rejoignant nos rejoignons nos os, nos densités, et nos pas prennent enfin la pesanteur attendue.